Voici une discussion que plusieurs dont moi ont eu avec une personne qui souffrait de solitude :

[Je remets certaines parties de la discussion, et nous appelerons l'auteur du post : "***", oui je sais c'est très original]
*** : " Je suis hyper triste, la vie me renvoie sans cesse du vide au niveau sentimental... Après des années de solitude , remise en question, prise de conscience, recul, rupture très douloureuse, j'en peux plus. Sur 3 ans : hommes qui ne veulent rien de sérieux, me voient comme bonne pote pour du c**... OK introspection de ma part. Puis hommes qui mettent un terme à notre histoire à cause de la distance (2 à la suite comme ça). Le dernier ça a été terrible, un homme dont j'ai été vraiment amoureuse, un double, alchimie indescriptible, moments merveilleux... qui finit par me dire qu'on vit un amour impossible, qu'il préfère se donner la chance de rencontrer quelqu'un à côté de chez lui et fonder une famille. Dépression, thérapie... Je n'ai eu personne depuis 1 an, le temps de renaître de mes cendres. Je constate que les amis anciennement célibataires rencontrent tour à tour leur perle rare... Ça bouge chez tout le monde. Dernier coup dur : mon ex tant aimé est en couple depuis quelques temps, en passe de s'installer avec sa chérie... Il a l'air heureux, son rêve a été exaucé. Et moi, j'ai l'impression d'errer. Je suis maudite et destinée à rester seule toute ma vie ?!! Je craque, c'est pas la vie que je veux. J'ai fait le tour de la vie de célibataire. Un mot revient souvent : mourir . Est-ce que je suis arrivée au bout ? "


Moi : " J'ai déjà eu cette pensée "mourir". Saches que c'est bien réel, ça devient même un besoin très important pour toi, mais BIEN SUR : tu n'as pas envie de mourir ! Tu souhaites juste mettre fin au mental-ego. Tu as envie de "faire mourir" une partie de ton ego. Le problème pour les suicidaires c'est l'identification qu'ils ont avec cette partie même. "

*** : " Et quand ça semble être la dernière solution ? En mode ras le bol, courage de rien d'autre que ça ? "

Moi : " Je te le dis [***] c'est parce que tu crois être cette personne qui est en manque de quelqu'un, d'une moitié. REGARDES ces foutus pensées quand tu 'te' dis "j'ai envie d'en finir limite..." Qui dit ça ??? le vrai toi ou le personnage qui se croit tout petit, impuissant, etc ?! Désidentifies toi de ce petit moi qui n'est pas toi, c'est trop petit, toi tu veux respirer, t'es bien plus grande que ça ! "

*** : " Merci pour vos messages qui se veulent positifs Je n'ai pas cessé de me battre, de vivre, tantôt de lâcher prise. Au final, la souffrance toujours présente. Si au moins j'avais eu un beau cadeau au bout du virage... ça m'aurait revigorée Mais c'est comme si ça venait jamais.... Je perds espoir Là j'étais en lâcher prise, je pensais plus du tout au couple, je vivais, rencontrais de nouvelles têtes.... Sans prise de tête. Puis j'apprends pour mon ex et là tout me revient en pleine face, j'aurais voulu m'en foutre mais plus fort que moi. J'ai plus envie de vivre sans amour. C'est trop bon cette sensation d'être amoureux et de partager... Je comprends pourquoi je trime comme ça..... Je suis pas faite pour vivre solo. Ça me ronge. Je dis pas que les choses sont moins belles quand on est célibataire, ce serait n'importe quoi. Seulement, quand on est avec une personne avec qui on est bien, C'est juste la cerise sur le gâteau. Et je me demande bien ce qui fait que j'ai jamais cette cerise "

[...] *** : " Me remettre en mode positive ça me demande de l'énergie que je n'ai plus, j'ai envie de tout abandonner, au moins quelque chose sur lequel j'ai prise. "

Moi : " Justement, *** ce qui te bouffe de l'énergie c'est de douter, de te croire en manque... En attendant un amour avec quelqu'un, ce que tu dois réaliser est l'amour, le vrai !!! -> En toi ! Imagines-toi comme ton propre amant, t'imagines comment tu te casses, comment tu t'ignores !? Ce n'est pas l'inverse, ce n'est pas lorsque tu trouveras un compagnon que tu pourras t'aimer. Certains en trouves un car c'est mieux pour eux maintenant, il évolue ainsi. Mais toi, ton évolution maintenant, est de reconnaître l'amour en toi. Petit à petit dès que tu ne seras plus en attente, et que tu verra en toi l'amour (équilibre entre le masculin et le féminin intérieur), alors cela pourra se manifester. Vraiment, ***, te sucider, reviendra à recommencer cette phase dans une autre vie, celà ne changera rien du tout. Dès que tu commenceras à entrevoir cette plénitude, cette reconnaissance de "l'autre partie" dont tu te sens en manque mais qui en fait t'attend en toi-même, tu vas te sentir bien, et de mieux en mieux. "

Anonyme : " Tu ne te définis pas par l'homme avec qui tu sors ! Bien sûr que c'est plus facile à dire qu'à faire, mais tant que tu ne t'aimeras pas suffisamment toute seule, tu ne pourras envisager une relation avec quiconque d'autre... Si des schémas se répètent dans tes relations, c'est qu'il y a un blocage quelque chose ; une blessure qui ne demande qu'à être acceptée pour pouvoir passer à autre chose... Ton premier but, sera de réapprendre à vivre en couple avec toi-même :) la seule personne qui est et sera avec toi à jamais ; et ensuite seulement te soucier de faire des rencontres ou non (sans attentes d'abord!!) courage! "

*** : " Merci [Anonyme] pour ton message. Le truc c'est qu'être en couple avec moi-même je le fais tous les jours... Prendre plaisir à tout avec moi-même... Aller marcher avec moi-même, boire un verre, me faire des bons petits plats, me chouchouter, me rassurer, rigoler seule, faire ce dont j'ai envie... Et tout ça continuera seule ou à 2, seulement arrive un moment où j'ai envie d'être à 2. Et la perspective de tout faire toute seule ne me plaît pas du tout. "

[...]

*** : " Je rêve de me mettre dans mon lit, fermer les fenêtres, ne plus aller au boulot, ne plus manger, ne plus exister.... Le fait de me dire que mourir me ramènera à une nouvelle vie où ce sera toujours pareil, toujours la même tristesse, c'est un poids supplémentaire car je me sens prise dans un étau... aucune issue... La tristesse, le sentiment de ne pas exister sont si présents que j'ai l'impression qu'il faudra encore beaucoup de temps, beaucoup se battre et franchement j'ai pas envie... J'aimerais juste prendre la vie comme elle vient, être dynamique et vivante. Mais j'y arrive pas. ça retombe sur moi tout le temps :( J'ai conscience que ce discours est larmoyant mais j'ai tant de tristesse qui me colle à la peau, tant de peur de la vie et de l'avenir.... J'ai l'impression que j'en sortirai jamais, ça me parait presque insurmontable "
[...] (je lui parle de la blessure de rejet)
Merci Aurélien , j'ai lu cela de maintes fois. J'avais apprécié le livre de Bourbeau et évidemment je me suis tout de suite reconnue dans cette blessure de rejet :) Maintenant "savoir" ne permet pas de résoudre. Au contraire, je ressens cette blessure fort inscrite en moi, si forte qu'elle régit parfois tout mon être. Le truc c'est que maintenant que je l'ai conscientisé, maintenant que je l'ai ressentie, plein de fois, quoi faire ? C'est ça qui me fait le plus mal, me dire que je suis contrainte "d'attendre que ça évolue" . pour l'instant, ça me paralyse sur place, ça paralyse ma vie. Et j'ai bien peur que cette blessure me suive tout au long de ma vie. J'ai des moments de joie et de bien-être (heureusement) mais cette blessure réapparaît à vif et me plombe direct.... J'aimerais qu'elle cicatrice tranquillement, qu'on fasse la paix, en disant bon, c'est bon ça suffit là, j'ai assez souffert.... mais visiblement ça reste encore et toujours, à vif

Moi : " Comme je te comprends ***. Voilà, c'est à ce moment là que l'on bute sur le plan mental : savoir c'est juste savoir, cela ne nous permet aucunement d'être dans une grande conscience (au-delà des mots). Alors que faire, lorsque l'on sent qu'on est au niveau du plafond du mental ? Et que ça s'arrête, on ne peut pas aller plus loin. Que fait-on ? Justement, on fait trop. On pense trop. T'arrêtes pas de panser, de mettre plein de pansements sur la blessure, mais ce n'est pas ça qui va la faire guérir. Tu sais au bout d'un moment, on enlève le pansement. Et elle est toujours là la blessure... peut-être qu'il y a une cicatrice. Maintenant, il va falloir respirer, laisser la vie te guérir car, oui, au bout d'un moment faut lâcher les manivelles (je sais pas d'où je le sors ce mot je l'utilise jamais lol), et en lâchant, au lieu de remettre un pansement, gratter la croûte de la cicatrice, tu laisses le corps guérir. Tu te laisses guérir. Apprends vraiment à moins penser, car voilà le secret : hors de la pensée la vie suit son cours, elle "fait" des choses à sa manière, hors du contrôle du mental. Ce que je te dis est rarement expliqué en spiritualité, Eckart Tolle parle de ça, c'est parce que c'est à la fois "logique" et illogique. Explicable et inexplicable. C'est hors du mental. Tu penses, mais au-delà, les choses se font. Tu ne sais pas tout ce qui se "fait", car la pensée est bien réductrice. Mais, tu ressens les choses. Et, plus tu te laisses simplement être, plus tu ressens simplement, moins tu interprètes, moins tu calcules, et plus tu accueilles des idées simplement. C'est plus léger, et simple. Tu dis avoir ressentie plein de fois tes émotions, et tu demandes : "et maintenant que faire ?". En fait, quand on parle de libération, on parle vraiment de lâcher... l'émotion tu la ressens plleeeeeiiiinnneement, et tu t'en fait pas plein de jugements. Alors ça sert à rien de commencer à se préparer à l'action pour la libération, comme tu le dit : "Me remettre en mode positive ça me demande de l'énergie que je n'ai plus" ou bien "Je n'ai pas cessé de me battre". Lâches les armes, car tu te bats contre toi-même. Et là, essayer d'être positive, essayer de... essayer de... t'en peux plus de ça. Juste écoutes-toi : tu le dis dans ton post. Finalement, qu'est-ce qu'il reste à faire : demandes toi qu'est-ce qu'il faut que j'arrête de faire pour...[être heureuse, être dans la légèreté]. Reçois les précieux conseils de ta "petite voix intérieure". Comment ? En t'écoutant. "
" Tu te veux heureuse, libre etc... n'est-ce pas ? Et bien saches que c'est toi qui est capable de faire en sorte que ça soit le cas ou non. Car la vie veux exactement ce que tu souhaites. "

*** : " Ce que tu écris me parle énormément, c'est plein de bon sens merci. Ce qu'il me reste à faire c'est de ne rien faire. J'ai beaucoup trituré la blessure, je l'ai regardé, gratté, focalisé dessus.... Je crois que maintenant il faut que je lâche, y a rien à faire. Juste à vivre. Un exemple, ce matin me suis réveillée pleine d'émotions , cf mon message d'ailleurs, Et puis j'ai laissé faire la journée, j'ai fait mon petit bonhomme de chemin, minute après minute, heure après heure, et au final ça a été une journée parfaite. Et je me rends bien compte dans ces moments que rien d'autre n'existe que ce qu'il y a devant mon nez. C'était bien. Peut-être que demain je serai déprimée ou flippée ou.... franchement je m'en fous, on verra et je vivrai les chiffres choses. plutôt que vivre dans ma tête et donc ne rien vivre du tout. Merci merci. Pour vos messages, vos électrochocs, votre présence. "

Merci *** ;)